Se lancer avec un associé : prenez vos précautions !

Camille Boulate

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Se lancer avec un associé : prenez vos précautions !

Entreprendre ne se fait pas forcément seul. Il est possible que vous choisissiez de vous lancer avec un ou plusieurs associés. S'il n'y a pas vraiment de règles dans le choix de son copilote, il est de bon augure de bien cadrer les choses, et d'éviter ainsi les déconvenues.

Entreprendre seul ou avec un associé ? C'est peut-être l'une des questions qui vous taraudera au début de votre projet. Quelles que soient les raisons qui vous poussent à entreprendre avec un associé, il est important de bien fixer les règles. "Je n'ai réellement qu'un seul conseil : parler et écrire, insiste Nathalie Carré, experte entrepreneuriat au sein de la CCI. Avant de s'engager avec un associé, il est vraiment primordial de mettre les choses à plat et de définir le projet d'entreprise ensemble." En effet, même si vous avez un coup de cœur professionnel pour votre futur acolyte, il est essentiel de prendre le temps de se connaître et de s'assurer que vous ayez les mêmes envies et la même vision de l'entrepreneuriat. "Si vous ne connaissez pas du tout la personne avec qui vous souhaitez vous lancer, laissez-vous le temps de découvrir sa façon de travailler, de communiquer, etc. On ne répond pas tous de la même manière à des situations stressantes. Il faut vraiment que les manières de fonctionner correspondent", insiste Cécile Michel, avocat au sein du cabinet Linkea. Des conseils qui valent également si vous entreprenez avec un ami ou un membre de votre famille. "Comme toujours, quand on mélange le business et la vie personnelle, l'un peut empiéter sur l'autre. Certains entrepreneurs ne voudront jamais s'associer en famille ou entre ami. Et d'autres en feront une vraie philosophie. Tout dépend de vos profils respectifs", ajoute l'avocat.

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Transparence et honnêteté

Sur le papier, il peut donc être plus simple de vous lancer dans l'aventure entrepreneuriale avec un inconnu, les enjeux personnels et l'affect étant absents de votre relation. Si vous entreprenez avec un ami ou un membre de votre famille, jouez la transparence et l'honnêteté. "Il faut être capable de dire à l'autre qu'il se trompe. Il faut s'astreindre à ne pas attendre de dire les choses. C'est compliqué mais c'est la vie de votre entreprise qui est en jeu !", conseille de son côté Nathalie Carré. Surtout, prenez le temps de bien définir vos valeurs et votre vision d'entreprise. Tant que vous n'êtes pas en accord sur ces aspects-là, il ne servira à rien de vous lancer. Votre entreprise ira droit dans le mur. "Vous devez être en accord sur la manière d'incarner votre entreprise et surtout sur le pourquoi vous vous lancez", insiste l'experte entrepreneuriat au sein de CCI France. C'est pour consigner tout cela qu'il est d'ailleurs souvent conseillé de rédiger un pacte d'associé. Ce document extra-judiciaire n'a pas de valeur légale mais permet de fixer un nombre de règles importantes sur lesquelles vous pourrez vous appuyer en cas de conflit ou de désaccord.

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Fixer un cadre

Et qu'importe si vous entreprenez en famille ou non, fixer un cadre est l'un des conseils principaux à appliquer. Dans un premier temps, déterminez bien ce qu'apporte chaque associé. "C'est l'un des premiers articles que l'on rédige dans les statuts, et c'est extrêmement important. Cela peut être un apport numéraire (de l'argent), en nature (un bien) ou en industrie (un savoir-faire, une compétence)", insiste Cécile Michel. Aussi, jouez carte sur table en posant d'emblée les questions qui fâchent. Car ce n'est pas une fois votre activité lancée que vous pourrez régler les éventuels désaccords. "Tout est une question de discussion et d'anticipation, assure Nathalie Carré. Car les difficultés n'arrivent généralement pas dans les premiers mois, mais sur le long terme quand les décisions stratégiques doivent être prises." Ainsi, posez-vous toutes les questions et fixez ensemble les règles clés de votre association. Si vous êtes jeunes, sans enfant, posez-vous mutuellement la question de vos envies quand vous serez sur le point de fonder une famille. "Souhaiteriez-vous lever le pied ? Prendre du recul sur l'opérationnel ? Des questions qu'il faut anticiper car quand cela arrive, il faudra prévoir des ressources complémentaires sur lesquelles vous reposer", affirme Nathalie Carré.

Penser à l'après

Interrogez-vous également sur l'avenir de l'entreprise et quelles typologies d'associés ou de fonds d'investissement vous souhaiteriez faire entrer au capital à long terme. Donc même s'il est impossible de tout prévoir, il est important d'anticiper un maximum de situations, et de les consigner éventuellement dans ce fameux pacte d'associé. "Surtout, vous ne pourrez pas tout penser d'emblée, avant la création. D'où la nécessité de prendre régulièrement le temps de se poser, de préférence dans un lieu neutre, pour se dire les choses et faire évoluer le cadre", conseille Nathalie Carré. Pour Cécile Michel, il est vraiment important de penser à l'après voire à l'échec de l'entreprise. "On ne veut pas y penser quand on entreprend. C'est normal. C'est comme lorsque l'on se marie, on ne veut pas penser au divorce. Mais c'est vraiment important de prévoir, que cela soit dans un pacte d'associé ou même dans les statuts, ce qu'il peut se passer par dans certaines situations. Comme le rachat de l'entreprise ou le décès d'un associé. C'est sain de faire preuve d'anticipation", estime-t-elle.

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Être complémentaire : un passage obligé ?

Souvent, les experts conseillent d'entreprendre avec un associé qui affiche des compétences complémentaires aux nôtres. Sur le papier, il est évident que cela paraît plus judicieux car la répartition des rôles se fera clairement plus facilement et de manière plus naturelle. Mais sachez que si votre futur associé a le même profil que vous, les mêmes compétences et les mêmes appétences, ce n'est pas rédhibitoire. "C'est déjà très compliqué de trouver une personne qui partage nos valeurs, notre vision et avec laquelle on s'entend bien qu'il ne faut pas non plus s'astreindre à trouver quelqu'un de complémentaire. Pour moi, ce n'est pas un prérequis essentiel", souligne Nathalie Carré. Un avis partagé par Cécile Michel. "C'est bien d'être complémentaires, souvent cela fonctionne. Mais il n'y a vraiment pas de règles. On connaît des associés aux profils similaires qui ont de belles success story !" En revanche, si vos profils se ressemblent, il faut être conscient de vos limites et des compétences manquantes. Être entrepreneur, on ne le répètera jamais assez, c'est être capable d'admettre que nos compétences ont leurs limites et de se faire accompagner. Cela reste l'une des clés du succès, ne l'oubliez pas !

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